L’Adresse Musée de La Poste accueille la Polynésie

Le 5 novembre, l’exposition Ia Ora na Tahiti (bonjour Tahiti) s’est installé dans les trois salles d’expositions temporaires du Musée. Exposition philatélique par excellence, le visiteur découvre avec le timbre-poste l’histoire et la géographie des cinq archipels qui composent la Polynésie, la culture, le patrimoine traditionnel et la place de la femme dans la société polynésienne. Si les collections philatéliques de l’Adresse Musée de La Poste proposent planches de timbres, bons à tirer et autres documents en rapport avec les étapes intermédiaires lors de la fabrication du timbre-poste, l’OPT (Office des Postes et Télécommunications de Polynésie) n’est pas en reste, puisque plusieurs oeuvres inspirant les timbres sont exposées. Une exposition à voir, un bon moment (Laurent A.). En illustration, le prêt-à-poster contenant l’invitation au cocktail (tiré à 250 exemplaires).
De l’art d’accommoder les restes…
Voici une jolie carte illustrant de façon assez astucieuse les pratiques d’économies de papier au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Ce document se compose comme suit :
• Un entier postal 2F50 Mazelin émis en 1946 pour servir au tarif intérieur des cartes postales en cours (01.01.01946 au 31.12.1946). L’entier a été repiqué pour servir trois ans plus tard comme imprimé publicitaire pour vanter un produit de la société Chauvin Blâche à Aubenas :
- Au verso, l’illustration de la réclame,
- Au recto, la mention « CARTE POSTALE » a été masquée par 12 traits horizontaux et remplacée par la mention « IMPRIME », et les coordonnées de l’expéditeur précisées.

• Deux timbres perforés « A.C » (Alfred Chauvin) en complément d’affranchissement pour faire 5F, 1er échelon de poids du tarif intérieur des imprimés ordinaires en cours (06.01.1949 au 05.01.1959). Ces timbres sont aussi de la récupération.
- Un 50c de la première série arc de triomphe de 1944, retiré en 1945,
- Un 2F+1F « Aidez les tuberculeux » de 1945, retiré en 1946.
Malgré ces usages quelques peu tardifs, les différents éléments composent un ensemble original et « nature » tout à fait digne d’intérêt :
- C’est un courrier commercial > pas une fabrication philatélique,
- C’est un imprimé publicitaire > rarement conservé,
• Ces deux timbres en complément sont particulièrement intéressants car rarement perforés :
- Un timbre d’une des multiples séries provisoires de la libération, tiré qu’à 8 millions d’exemplaires et peu utilisé,
- Un timbre à surtaxe. C’est d’ailleurs le seul document que je connais avec ce timbre perforé.
Comme ensemble, c’est pas mal, non ?! (Laurent N.)
André Masson… au Musée de La Poste ?
Le bestiaire d’André Masson au Musée de La Poste, vernissage le 6 avril : étonnant ? Certains diront que le surréalisme au Musée de La Poste peut paraître incongru. Il faut savoir que depuis quelques années le Musée de La Poste s’ouvre à des rendez-vous artistiques de qualité – comme l’exposition Lapicque l’année passée – et (dé)montre que l’histoire postale et la philatélie ne sont pas ses seuls atouts. Soit.
Et pour les philatélistes ? Il faut savoir que le concept de ces expositions est « un timbre – un artiste ». Le timbre-poste en hommage à André Masson émis en 1984 est donc présenté dans cette exposition, avec sa maquette, un bon à tirer et un essai de couleur. On pourrait dire que c’est bien peu… mais le Musée propose aussi – comme de coutume – une oblitération spéciale pendant toute la durée de l’exposition ET un entier postal dont le timbre-poste est justement le timbre-poste d’André Masson. Une première pour une exposition artistique au Musée. Un entier qui – on le sait – est remis à tout visiteur de l’exposition et exclusivement. Donc une grande exposition à voir où l’on aime aussi les philatélistes et les marcophiles ! (Laurent A.).
L’affiche s’inspire de la Jeune fille dans une basse cour (Le Dindon) – André Masson – Huile sur toile 1947, 112 x 87 cm, coll. Abel Rambert © Photo A.R. (droits réservés).